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Mali : un an après la chute d’IBK, d’immenses défis sécuritaires et économiques

Un an après le coup d’État qui a renversé l’ancien président Ibrahim Boubacar Keita, les Maliens sont divisés sur le bilan des militaires qui, depuis un an, exercent le pouvoir. En mai, un autre coup d’État militaire en mai a installé le colonel Assimi Goïta comme président de transition. L’horizon sécuritaire et politique demeure sombre et la victoire des Taliban en Afghanistan éveillent chez certains Maliens le spectre d’une chute de Bamako.

La lutte contre la corruption, l’insécurité, le chômage, la réforme du système éducatif : un an après le départ d’IBK, le Mali est toujours dans l’attente d’un réel changement qui tarde à venir, selon Clément Dembélé, président de la Plateforme de lutte contre la corruption et le chômage, une organisation de la société civile. « Nous attendons toujours les premiers signaux d’un changement réel, ça ne vient pas, regrette-t-il. Cette transition n’est pas encore capable de faire bouger les lignes, elle n’est pas capable de donner un signal fort de lutte contre la corruption, un signal fort contre l’insécurité, un signal fort contre le mauvais système éducatif, pour vous dire que la déception elle est profonde. »  

Au lendemain du putsch, Assimi Goïta, un colonel de 37 ans, est proclamé chef de l’État par le Conseil national pour le salut du peuple (CNSP) composé de militaires. Après une concertation nationale qui a duré plusieurs jours et qui a abouti quelques mois plus tard à la formation d’un gouvernement de transition avec à sa tête Bah N’Daw, un militaire à la retraite et un Premier ministre civil, Moctar Ouane. Mais quelques mois plus tard, en mai dernier, ils sont tous les deux chassés à leur tour par les militaires, mécontents du nouveau gouvernement.

Non-renouvellement

Clément Dembélé, qui est aussi membre du comité stratégique M5-RFP, dénonce le non-renouvellement de la scène politique.« IBK n’est plus là, mais il faut savoir que ce n’est pas un changement de personne, ce n’est pas un changement d’homme, c’est un changement de système et le système est malheureusement là, le système continue à se nourrir du sang du peuple malien et ça peut donner un sentiment de déception, de désillusion, d’un rêve avorté »avant de poursuivre en s’emportant : « Les jeunes militaires, ces colonels, sont aussi pour la plupart pris en otage par de vieux conseillers qui leur conseillent ce qu’ils ont conseillé à IBK, à ATT, à Alpha Omar Konaré. C’est toujours ces mêmes qui conseillent dans une vieille école politicienne qui n’a plus raison d’être. »

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