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Enseignement supérieur : Le Saes lâche Cheikh Oumar Hann

Entre le Saes et Cheikh Oumar Hann, c’est le divorce. Le syndicat qui l’a accompagné jusqu’ici a tenu une conférence de presse ce jeudi pour lister les manquements du ministre.

La situation se complique davantage pour le ministre de l’Enseignement supérieur. Pilonné par le Sudes depuis son arrivée au ministère, Cheikh Oumar Hann pouvait compter sur l’accompagnement du Saes, son syndicat d’origine. Mais les choses semblent avoir changé. En conférence de presse ce jeudi 29 avril, Malick Fall et Cie semblent à bout de souffle.

Le Saes dit avoir mis toute son énergie pour aider Hann à définir les priorités et anticiper la survenue des problèmes, mais, à l’arrivée, le résultat n’y est pas. « Aujourd’hui, il nous semble arriver l’heure de s’arrêter pour ne pas hypothéquer le système », souligne le syndicat.

D’abord en 2019, lorsqu’il s’est agit d’orienter tous les nouveaux bacheliers dans le public, le Saes dit avoir organisé un séminaire à ses frais pour dégager des solutions pratiques pour chaque université, notamment en matière d’infrastructures. Le document a été remis au ministre, en main propre, avec des propositions sur le court, moyen et long terme. « A notre grande surprise, les services du ministère ont adopté pour l’accompagnement de cette décision, un programme autre qui, pour nous, ne garantit pas un résultat positif », se désole le syndicat.

La liste des promesses non tenues par Cheikh Oumar Hann

Malgré ce premier faux bon, le Saes dit avoir quand même continué à apporter son soutien, faisant des propositions de correction du programme du ministère, mais surtout allant jusqu’à se porter garant auprès des enseignants pour que les instances pédagogiques acceptent d’augmenter le nombre de nouveaux bacheliers, en attendant les moyens d’accompagnement. Mal lui en a pris.

« Aujourd’hui, les universités ont absorbé tous les bacheliers de 2019 alors que les engagements auxquels il avait volontairement suscrits n’ont jamais été respectés. Aucune université n’a reçu le budget correspondant aux 200 postes d’enseignants-chercheurs ouverts par le gouvernement », fustige le Saes.

Il s’y ajoute des infrastructures très en-deçà de ce qui était prévu. A titre illustratif, l’université de Thiès a eu 2 chapiteaux sur 5 prévus initialement. De surcroit, la livraison a accusé un an de différé, occasionnant d’énormes retards sur le calendrier académique.

Les bacheliers orientés depuis la France par un Mauritanien

En 2020 également, rien n’a été fait, selon le Saes, pour absorber les 72 295 nouveaux bacheliers qui viennent s’ajouter aux 56 030 de l’année 2019. Or, la courbe ne cesse monter, car en 2021, il y aura 157 312 candidats au bac, soit 2203 de plus que l’année dernière. Ce qui fait dire à Malick Fall et Cie que ‘’le pire est à venir’’.

Sur le plan administratif, le Saes soutient qu’aucun texte de gouvernance de l’université n’a été pris, la recherche est au point mort, malgré une commission mixte Ministre-Saes et 7 rencontres de travail. Pour l’audit de Campusen, c’est du dilatoire. « Il semblerait que ce soit un Mauritanien qui, depuis la France, oriente nos bacheliers. Quelle honte !», s’exclame le syndicat.

A tout cela s’ajoute un enseignement bimodal mal maîtrisé, « une trop grande immixtion dans l’autonomie des universités », sans compter les velléités d’accaparement du patrimoine foncier de l’université. En un mot, un cocktail déjà suffisamment explosif, compte non tenu de la réforme des masters contre laquelle les étudiants de Saint-Louis et Bambey sont en mouvement.

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