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En Jordanie, l’affaire du prince Hamza divise le royaume

Les autorités ont affirmé avoir déjoué une tentative de déstabilisation de l’Etat menée par le prince Hamza avec des personnalités proches du pouvoir.

L’image d’Epinal d’une famille royale soudée a fait long feu. Depuis deux jours, les Jordaniens observent, médusés, les règlements de compte au sein de la dynastie hachémite s’étaler au grand jour. L’arrestation, samedi 3 avril, de personnalités proches du roi Abdallah II, et la révélation concomitante par son demi-frère, le prince Hamza Ben Hussein, qu’il était assigné à résidence, a plongé le pays dans un état de stupeur et d’incompréhension, sur fond de rumeurs de coup d’Etat et de communiqués de presse laconiques.

Sans prononcer le mot « coup d’Etat », le chef de la diplomatie jordanienne et vice-premier ministre Safadi a explicitement associé le prince Hamza Ben Hussein, l’ancien conseiller du roi Bassem Awadallah, le représentant spécial auprès de l’Arabie saoudite Cherif Hassan Ben Zaid et « 14 à 16 autres personnes » dans une tentative « coordonnée » de déstabilisation de l’Etat, sans donner plus de détails. Ces conclusions, a-t-il précisé, sont le fruit d’une surveillance des services de sécurité « durant une longue période », qui a permis de mettre au jour « [des] interventions et [des] contacts avec des parties étrangères visant à déstabiliser la sécurité de la Jordanie », sans mentionner lesquelles.

Un bouc émissaire

Washington, Riyad, Abou Dhabi, Tel-Aviv… Les partenaires étrangers du royaume hachémite se sont empressés d’exprimer leur « soutien » aux mesures prises par le roi Abdallah II pour « maintenir la stabilité du pays ». Au sein du royaume, en revanche, la version officielle suscite le scepticisme parmi les analystes et une partie de la population. « Je ne pense pas qu’il s’agisse d’un Game of Thrones jordanien. A mon sens, ces remous ont davantage à voir avec la montée massive du mécontentement populaire, dans les domaines politique et économique, et avec la crainte que celle-ci génère dans les cercles dirigeants. J’ai le sentiment que le prince Hamza est un bouc émissaire, que le pouvoir exagère la menace, pour décourager toute discussion publique de la corruption », estime un bon connaisseur de la famille royale.

 

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