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Report des élections locales: un décret du Chef de l’Etat attendu pour taire les divergences

La décision prise par le Président Macky Sall, d’acter le report des élections locales et de prolonger le mandat des élus locaux, répond à une volonté de respecter les règles du jeu démocratique. C’est en substance ce qui ressort des propos des acteurs du jeu politique interpelés hier. Ils ont indiqué, de façon unanime, que cette décision confère un caractère légal au mandat des élus locaux qui prend fin ce 28 mars 2021, après deux reports des élections territoriales prévues d’abord en décembre 2019 puis en mars 2021.

«C’est une procédure normale. C’est logique qu’il y ait un projet de loi qui proroge le mandat des élus locaux suite à un nouveau report des élections locales. Après l’Assemblée nationale qui fixera les échéances, le Chef de l’Etat devra prendre un décret d’application pour déterminer une date précise», souligne Moundiaye Cissé, un des représentants de la société civile a la Commission politique du Dialogue politique (Cpdn). Il poursuit : «On s’attend à ce qu’il puisse prendre une décision consensuelle conformément à l’esprit du Dialogue politique et aller dans le sens de l’apaisement».

Sa position est similaire à celle de Cheikh Sarr, un des représentants de la mouvance présidentielle dans cette structure. Pour lui, le Chef de l’Etat, qui a su mesurer ses responsabilités, répond aux attentes de la Cpdn en valorisant des recommandations faites au sein de cette instance. En effet, les acteurs du Dialogue avaient exigé que des élections soient organisées après une révision du fichier et du processus électoral. «C’est naturellement que le Chef de l’Etat a pris en charge, à travers ce projet de loi, les préoccupations de ces acteurs qui tiennent à la mise en œuvre des décisions consensuelles. L’un des points forts, c’est le report des locales qui entraine la prorogation du mandat des conseillers municipaux et départementaux», a ajouté M. Sarr.

Seulement, selon Moundiaye Cissé, il ne faut pas perdre de vue que «l’objectif du Dialogue politique est d’arriver à des consensus importants pour l’avancée de la démocratie sénégalaise. La majeure partie des acteurs politiques sont favorables à l’organisation des élections en décembre 2021. Il n y’a pas de grande différence entre décembre 2021 et février 2022. Le Chef de l’État peut calmer les esprits en fixant les élections pour 2021».

Selon lui, ce sera un point fort du Dialogue politique et cela va «restaurer la confiance entre les différents acteurs du jeu politique». Il rappelle que les principes démocratiques exigent la recherche de consensus sur les règles du jeu et les modalités de leur mise en œuvre.

Conséquences de l’audit du fichier électoral

Pour le responsable des cadres du Grand Parti, par ailleurs membre du Front de résistance nationale (Frn), Pape Medoune Sow, l’Etat doit se donner les moyens de respecter le calendrier républicain même s’il reconnaît qu’en vertu de l’article 266 du Code électoral, le Chef de l’Etat a la possibilité d’abroger ou de proroger les mandats des conseillers municipaux et départementaux, suite à un nouvel report des élections locales. Il rappelle que l’opposition qui parle d’une seule et unique voix, ne compte pas lâcher du lest. Elle exige, souligne-t-il, que les élections locales puissent se tenir en décembre 2021, au plus tard. Rappelant le travail abattu par la Cndp, il soutient que les élections territoriales constituent une pré-qualification pour la présidentielle voire une sorte de sondage. De son point de vue, l’Etat doit, suite à ce report, prendre « des mesures appropriées et réaffirmer son intérêt pour le suffrage des Sénégalais ». Une position partagée par le coordonnateur du Frn, Moctar Sourang, qui indique qu’ils comptent rester dans cette dynamique de contestation du report des locales en février 2022.

Réagissant aux propositions faites par les autres pôles de raccourcir les délais, Cheikh Sarr ne fait pas dans la dentelle. « Ce sont les acteurs réunis au sein de la Commission politique qui ont assigné des tâches aux experts indépendants et leur ont fixé des délais de trois et quatre mois maximum pour leur exécution. Nous ne pouvons pas nous permettre de leur demander de maintenir les tâches et de réduire les délais. Nous devons assumer les conséquences des décisions que nous avons prises », souligne M Sarr.

De leur côté, les non-alignés estiment qu’«il était bien possible de respecter les échéances du 28 mars 2021 ; maintenant nous invitons l’autorité à ramener les délais retenus pour l’évaluation du processus électoral mais aussi à comprimer ceux du dépôt des listes électorales pour qu’on ne sorte pas de 2021», a indiqué Abdoul Aziz Paye, Secrétaire général du Mouvement républicain sénégalais, et membre du pôle des non-alignés.
Source: Le Soleil

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