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ROYAUME-UNI: Le Brexit fait s’effondrer le commerce extérieur

Les exportations de biens britanniques ont plongé de près de 20% en janvier, à cause d’une dégringolade de près de 41% des ventes vers l’Union européenne. Les restrictions pour lutter contre le coronavirus ont alourdi l’addition.

L’activité au Royaume-Uni s’est contractée en janvier, notamment à cause des mesures pour lutter contre un variant très contagieux du coronavirus, tandis que le commerce extérieur a enregistré une chute record avec la sortie du marché unique européen.

Le PIB britannique a reculé de 2,9% en janvier après une hausse de 1,2% en décembre, d’après des chiffres publiés vendredi, par l’Office national des statistiques (ONS). Il se trouve encore 9% sous son niveau de février 2020, avant le choc de la pandémie.

«Des restrictions étaient en place à divers degrés à travers» le pays en janvier, notamment un confinement strict en Angleterre, et le secteur des services a été le principal frein à l’économie avec notamment tous les commerces non essentiels fermés, rappelle l’ONS.

«L’économie a été frappée de façon importante en janvier quoique un peu moins que certains ne le craignaient, avec les magasins, restaurants, coiffeurs, écoles touchées» par les restrictions à l’activité, commente Jonathan Athow, statisticien de l’ONS.

Il souligne aussi que le secteur manufacturier a enregistré sa première chute de production depuis avril, notamment la production de voitures, même si les services de santé ont été dopés par la campagne de vaccination.

L’an dernier, le PIB avait subi une contraction record de près de 10% au Royaume-Uni, pays européen le plus endeuillé par la pandémie, et membre du G7 à la plus forte chute de son économie.

Chute des importations également

Pour Paul Dales, de Capital Economics, janvier devrait être le «point le plus bas pour cette année sachant que la campagne de vaccination et la réouverture de l’économie devraient stimuler un rebond de l’activité». «D’ici le début de l’année prochaine, nous pensons que (…) le PIB aura retrouvé son niveau d’avant la pandémie», ajoute-t-il.

Les écoles ont rouvert lundi en Angleterre, et les commerces non essentiels devraient suivre le 12 avril, avant une levée totale des restrictions prévues pour l’instant d’ici fin juin par le gouvernement britannique.

Par ailleurs, l’impact du Brexit était notable dans les chiffres du commerce extérieur publiés en parallèle par l’ONS, avec des exportations de biens qui ont plongé de 19,3% à 5,3 milliards de livres en janvier à cause d’une dégringolade de près de 41% des exportations vers l’UE.

De leur côté, les importations de biens se sont écroulées de 21,6% en janvier, à cause d’un plongeon de 29% des achats de biens en provenance de l’UE.

Stocks, confinement et Brexit

En prix et volumes, c’est «la plus forte chute en un mois depuis que ces chiffres ont commencé à être mesurés en janvier 1997», note l’ONS.

Les chiffres du commerce extérieur publiés vendredi «sont les premiers depuis la fin de la période de transition après la sortie de l’UE», souligne l’ONS, faisant aussi valoir que le confinement avait joué dans les perturbations dans le commerce international.

Les chiffres de janvier souffrent également d’un effet comparatif défavorable, rappelle aussi l’ONS, car en novembre et décembre le commerce extérieur britannique avait à l’inverse bénéficié un afflux d’importations et exportations, les entreprises tentant de faire des stocks en prévision de la sortie effective du marché unique et de potentielles perturbations, début 2021.

La sortie du marché unique européen est entrée en vigueur au 1er janvier et a eu un fort impact sur le commerce extérieur, entre goulots d’étranglements dans des ports déjà sous pression avec la pandémie et les restrictions aux déplacements qui ont eu lieu en janvier, et des retards de commandes accumulés depuis le début de la pandémie.

A cela se sont ajoutées de multiples tracasseries administratives, des coûts et taxes supplémentaires et parfois inattendus qui ont pesé sur les échanges transfrontaliers.

«Une partie du déclin peut être attribuée au confinement, aux accumulations de stocks et aux problèmes du début» de la sortie de l’UE, mais «il est clair que la transition du Brexit a été loin d’être fluide», constate Danni Hewson, économiste de AJ Bell. «Les marchés vont regarder de près si les frictions actuelles se traduisent en changements de long terme», ajoute-t-elle.

(AFP)

 

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