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Facebook aurait gonflé à dessein ses audiences publicitaires

La firme de Mark Zuckerberg savait que ses estimations sur son nombre d’utilisateurs n’étaient pas fiables et artificiellement élevées, mais a ignoré le problème afin de générer des recettes publicitaires plus importantes, accusent des entreprises d’après des documents juridiques dévoilés ce mercredi 17 février.

« Ce sont des revenus que nous n’aurions jamais dû avoir car ils étaient basés sur des fausses données. » Ainsi parle un employé de Facebook dans un email interne. Le géant américain des réseaux sociaux fait face depuis 2018 à une action de groupe en justice, lancée par une entreprise. Les plaignants affirment que les dirigeants de la plateforme savaient que sa mesure dite de « portée potentielle » surestimait l’audience potentielle des campagnes publicitaires, mais n’ont pas cherché à rectifier la situation pour ne pas perdre de revenus.

La société californienne tire l’écrasante majorité de son chiffre d’affaires de la vente d’espaces publicitaires ciblés à des annonceurs. Les prix varient en fonction de nombreux critères, à commencer par le nombre d’utilisateurs susceptibles de voir la campagne.

Employés empêchés de réparer le problème

« Facebook savait que sa « portée potentielle » était gonflée et trompeuse. […] Facebook savait que le problème était largement causé par des faux comptes et des doublons. […] Des dirigeants ont empêché des employés de réparer le problème parce qu’ils pensaient que « l’impact sur les revenus (serait) significatif » », détaillent les plaignants.

Ils citent le responsable de la « portée potentielle » évoquant des revenus que Facebook « n’aurait jamais dû avoir » et un autre qui se demande « combien de temps nous pourrons nous en tirer avec la surestimation de la portée [d’audience] ».

« Ces documents ont été sélectionnés pour correspondre à l’histoire racontée par le plaignant. La « portée potentielle » est un outil de planification de campagne qui n’est jamais utilisé pour facturer les annonceurs », a réagi Joe Osborne, un porte-parole de Facebook. C’est une estimation et nous expliquons. »

Poursuites des autorités fédérales à Washington

En mars 2019, le réseau social a changé la mesure de la portée potentielle, qui n’est depuis plus basée sur les utilisateurs actifs mais sur le nombre de personnes ayant vu une publicité sur l’un des produits de la firme lors des 30 jours écoulés.

En 2020, le groupe a réalisé près de 86 milliards de dollars de chiffre d’affaires, et dégagé plus de 29 milliards de profits, en hausse de 58 %. D’après eMarketer, la famille de plateformes devrait atteindre les 96,6 milliards de revenus publicitaires nets en 2021, soit 24,4% du marché mondial.

Google, le numéro 1 de ce marché, et Facebook, le numéro 2, font face à des poursuites des autorités fédérales pour abus de position dominante.

RFI

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